Hari's on Tour (Express)

Dark Horse, 1974
 

Dans la discographie de George Harrison, une grande majorité des chansons ont avant tout pour but de véhiculer un message sincère de l'auteur, parfois déguisé, et souvent en rapport avec sa vie spirituelle. Si l'on excepte Wonderwall Music et Electronic Sound, ses albums studio classiques ne contiennent que très peu de pistes instrumentales. Hari's on Tour (Express) est l'une d'entre-elles, et ouvre Dark Horse en fanfare. C'est un morceau dynamique, destiné également à lancer chaque concert du Dark Horse Tour nord-américain de 1974, d'où son titre. « Hari » n'est en effet autre que George Harrison, qui a pour habitude de prendre comme pseudonyme « Hari Georgeson » lorsqu'il participe à un disque produit par un autre label qu'Apple, pour des raisons contractuelles.

Hari's on Tour (Express) fournit une introduction dynamique à Dark Horse.

Hari's on Tour (Express) naît d'ailleurs relativement par hasard. En 1973, en marge de plusieurs projets, notamment l'album Ringo qui réunit les quatre Beatles (sans, toutefois, que Lennon et Harrison ne croisent McCartney !), George rencontre en effet le saxophoniste Tom Scott, leader du L.A. Express, un ensemble de jazz qui connaît un certain succès et joue avec la chanteuse Joni Mitchell durant ses tournées. C'est en avril 1974, lorsque Mitchell est de passage en Angleterre avec le groupe, que Harrison décide d'inviter les cinq membres du L.A. Express à Friar Park.

Ce qui est à l'origine une visite de courtoisie prend un tout nouveau tour lorsque les musiciens découvrent le studio d'enregistrement personnel de Harrison, et sa console d'enregistrement à seize pistes ! Le guitariste leur propose de tenter quelque chose et, lorsque Scott rédige un vague plan du morceau, l'ensemble se lance dans cet instrumental. En deux heures, une piste rythmique satisfaisante est mise en boîte. Harrison joue de son habituelle guitare slide, Scott joue du saxophone, Max Bennett de la basse, tandis que Robben Ford joue de la guitare électrique, Roger Kellaway du piano, et John Guerin de la batterie. Une fois l'ensemble terminé, le groupe passe à l'enregistrement d'une chanson destinée à figurer sur le futur Dark Horse, Simply Shady.

Musiciens :
  • George Harrison : guitare slide, guitare acoustique
  • Tom Scott : saxophone, cuivres, orgue
  • Robben Ford : guitare électrique
  • Max Bennett : basse
  • Roger Kellaway : piano
  • John Guerin : batterie

Après une bonne nuit de sommeil, les musiciens du L.A. Express repartent pour Denver, à l'exception de Tom Scott, qui reste auprès de Harrison pour terminer le morceau, en rajoutant des parties d'orgue et de cuivres (tandis que George lui-même ajoute de la guitare acoustique). Le morceau est prêt et ne sera plus retouché. Dans la foulée, Tom Scott se voit invité à participer au Dark Horse Tour.

Hari's on Tour (Express) n'a, à sa sortie, pas été gaté par la critique qui s'est de façon générale déchaînée sur Dark Horse. Pourtant, son interprétation en concert, beaucoup plus rapide et dynamique, a été plébicitée par la presse qui y a vu une très bonne mise en bouche pour les concerts. Apple a pour sa part jugé le morceau assez bon pour figurer en face B de Ding Dong, Ding Dong en Amérique, et de Dark Horse au Royaume-Uni.

Rétrospectivement, lors de la remastérisation de 2014, certains critiques ont réhabilité le morceau, y voyant une introduction lumineuse et optimiste à un album beaucoup plus sombre. Le morceau est d'ailleurs, selon moi, de grande qualité : sympathique, il s'écoute sans prise de tête, morceau d'un artiste qui, après les éclats d'All Things Must Pass et Living in the Material World, n'aspirait plus qu'à redevenir un musicien parmi d'autres, jouant dans un groupe de potes. Un morceau qui n'est pas transcendant, mais qui ne méritait pas pour autant d'être oublié.

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