Proches et amis

 
 

Après sa mort, lors du magnifique Concert for George, George Harrison a reçu les hommages de très nombreux amis et proches. Il en avait bien d'autres, perdus de vue ou disparus. Cette page n'a pas pour vocation de fournir d'importantes biographies de ces personnes, dont certaines mériteraient sans aucun doute un site à elles seules. Il s'agira avant tout de mieux les situer, par rapport à George Harrison. Sauf exception, toutes sont classées par ordre alphabétique de leur nom de famille.

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Dhani Harrison

Né le 1er août 1978

Dhani Harrison ressemble très fortement à son père.

La naissance de son fils Dhani durant l'été 1978 est l'un des éléments marquant la fin de la période sombre de George Harrison qui avait débuté en 1974, à l'époque de la publication de Dark Horse. Il n'est d'ailleurs pas étonnant que l'album publié l'année suivante soit l'un de ses plus optimistes. Né peu avant le mariage de George avec Olivia Trinidad Arrias, il porte un nom venant du sanskrit : dha et ni sont en effet deux notes de musique indiennes, tandis que dhani est le mot sanskrit désignant la richesse.

Après avoir fréquenté une école pratiquant la pédagogie Montessori, il envisage de devenir botaniste. Le patrimoine familial le rattrape cependant, et il prend rapidement goût à la musique, jouant régulièrement avec son père. Il est ainsi sur scène à Londres en 1992 lors du tout dernier concert de George Harrison.

Cette collaboration musicale atteint son sommet à la fin des années 1990, Dhani assistant fortement son père malade pour la préparation de son dernier album, qui reste inachevé à sa mort. C'est à partir d'instructions écrites et orales laissées par George Harrison qu'il parvient, avec le producteur Jeff Lynne, à terminer Brainwashed, album acclamé par la critique. Il s'agit de son premier travail de musicien professionnel. L'année suivante, pour l'anniversaire de la mort de son père, il monte sur scène durant le Concert for George, jouant de la guitare acoustique et assurant les chœurs au sein du groupe construit pour l'occasion. Ce soir là, un Paul McCartney déclare avoir l'impression que « George est resté le même et que nous avons tous vieilli » en le regardant.

Depuis cette époque, Dhani Harrison poursuit sa carrière musicale avec les groups thenewno2 et Fistful of Mercy. Impliqué dans le monde du jeu vidéo, son action fut décisive pour faire participer Paul McCartney et Ringo Starr au jeu vidéo The Beatles Rock Band sorti en 2009.

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Olivia Harrison

Née le 18 mai 1948

Née à Mexico, Olivia Trinidad Arrias part, jeune, vivre avec sa famille en Californie où elle fait ses études. C'est ainsi qu'elle devient secrétaire chez A&M Records, puis est transférée chez Dark Horse Records, le label fondé par George Harrison en 1974. C'est donc dans un cadre professionnel que George la rencontre, et sympathise avec elle. Leurs points communs et son aide dans une période difficile permettent à leur relation de prospérer.

En décembre 1977, Olivia annonce être enceinte et un mariage est rapidement prévu, mais doit être annulé à la suite de la mort du père de George. Il surviendra finalement quelques mois après la naissance de Dhani. Dans les années qui suivent, Harrison se fait particulièrement discret sur sa vie personnelle, aidé en cela par une carrière bien moins chargée qu'au début des années 1970. Olivia sort malgré tout de sa discrétion en 1989 pour lancer avec les trois autres épouses (ou veuves) de Beatles une action caritative pour aider les enfants défavorisés de Roumanie, qui aboutit sur l'album Nobody's Child auquel participent George et les Traveling Wilburys.

Depuis la mort de George Harrison, c'est Olivia qui gère le patrimoine musical de son époux. C'est à elle que l'on doit ainsi les beaux coffrets The Dark Horse Years (2004) et The Apple Years (2014) ainsi que la compilation Let It Roll (2009), tous très respectueux à la fois des acheteurs et de l'œuvre de son époux, en opposition totale avec les nombreuses et pas toujours utiles rééditions du catalogue de John Lennon... Olivia Harrison a également été une pièce maîtresse dans l'organisation du Concert for George mais aussi dans la production du documentaire de Martin Scorsese Living in the Material World et du livre du même nom.

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Elton John

Né le 25 mars 1947

Au cours de sa carrière chargée, Elton John a participé aux albums de nombreux artistes. Il n'a que peu fréquenté George Harrison, participant à son album Cloud Nine en 1987, alors qu'il se remettait d'une opération qui affectait sa voix. S'ils ne furent pas des proches par la suite, ils continuèrent à entretenir malgré tout des relations amicales, de façon ponctuelle. Après la mort de George, Elton John lui a rendu un vibrant hommage dans Rolling Stone, déclarant : « Il était le sage des Beatles ; il a trouvé quelque chose de plus important que la célébrité ».

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Jim Keltner

Né le 27 avril 1942

Batteur professionnel, Jim Keltner est devenu dans les années 1970 l'un des batteurs de studio les plus sollicités en Amérique. C'est ainsi qu'il a joué pour Bob Dylan, Joe Cocker, Elvis Presley et pas moins de trois des anciens Beatles. C'est pendant qu'il joue pour Gary Wright que George Harrison le rencontre, et il décide aussitôt de le faire jouer des percussions sur It Don't Come Easy, le single qu'il produit en 1971 pour son ami Ringo Starr. La même année, Keltner est invité à jouer de la batterie en duo avec Starr durant le Concert for Bangladesh, ce qui accroît sa notoriété.

Il est par la suite présent sur de nombreux albums de Harrison (mais aussi de John Lennon et de Ringo Starr), en particulier sur Living in the Material World. Harrison se permet même une petite facétie en invitant les acheteurs de l'album à rejoindre le fan club de Keltner, petit pied de nez à McCartney qui invitait les acheteurs de Red Rose Speedway à rejoindre le fan club des Wings. En 1973, les relations entre les ex-Beatles ne sont pas au beau fixe !

Jusqu'à la fin, Keltner reste un ami fidèle. C'est ainsi qu'il est embauché sous le pseudonyme de Buster Sidebury pour accompagner les Traveling Wilburys. En 2000, alors que George se remet de l'agression qui a failli lui coûter la vie, le batteur le rejoint à Friar Park pour enregistrer quelques chansons qu'il qualifie d'excellentes. Elle formeront le contenu de Brainwashed, l'album posthume de George.

Keltner est également fidèle au poste durant le Concert for George. Il poursuit sa carrière de batteur en jouant toujours pour des musiciens de renom.

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John Lennon

9 octobre 1940 - 8 décembre 1980

John Lennon en 1980
En 1980, peu avant sa mort, John Lennon se brouilla avec Harrison, à propos de son livre I, Me, Mine.

Rédiger ici une biographie complète de John Lennon serait un défi de taille, tant les quarante courtes années que vécut le personnage furent des années bien remplies. Les ouvrages et sites internet consacrés à sa personne sont heureusement en nombre suffisamment conséquent. Deuxième né parmi les Beatles, John Lennon a principalement été élevé dans sa jeunesse par sa tante Mary (« Mimi ») Smith, et a vu son adolescence bouleversée par la mort accidentelle de sa mère Julia, lorsqu'il avait 17 ans. C'est à peu près à la même époque que Lennon a été présenté à George Harrison par leur ami commun, Paul McCartney. D'abord réticent, il finit par accepter la nouvelle recrue dans son groupe, les Quarrymen, dont l'ossature formera par la suite les Beatles.

Tout au long de l'existence du groupe, les relations entre Lennon et Harrison ont été ambigües. Souvent, George, le plus jeune du groupe, était vu par ses aînés et en particulier par John comme une portion négligeable, car trop jeune. Cela se ressentit dans la répartition des compositions sur les albums, jusqu'à déborder dans des chansons telles que Not Guilty ou encore Wah-Wah. Cependant, tous deux eurent pour point commun leur humour parfois cynique, et surtout leurs questionnements sur la vie et son sens. Il n'est donc pas étonnant que ce soit avec Lennon que Harrison ait été initié, certes malgré lui, au LSD.

Si leurs egos s'entrechoquèrent durant les années 1968 et 1969, ce fut principalement par le malaise croissant de Harrison au sein du groupe, ainsi que pour son aversion flagrante envers Yoko Ono. Ainsi, durant les séances d'Abbey Road, une bagarre manqua d'éclater lorsque Harrison, voyant Yoko taper dans son paquet de biscuits, s'écria « Quelle salope ! » devant un Lennon passablement décidé à en découdre. Les temps qui suivirent la séparation du groupe, et la reconnaissance, par Lennon, de la grande valeur de chansons de Harrison comme Something et Here Comes the Sun, appaisèrent leurs relations. Si l'ex-leader des Beatles ne monta pas sur scène lors du Concert for Bangladesh (Harrison avait refusé la participation de Yoko Ono, condition sine qua non de l'intervention de son mari), il reçut en revanche l'aide de Harrison sur son légendaire album Imagine, en 1971. Tous deux eurent également l'occasion de collaborer dans une très bonne entente sur l'album Ringo de... Ringo Starr, en 1973.

Le départ de Lennon aux États-Unis, au début des années 1970, éloigna finalement les anciens partenaires qui se croisèrent surtout lors des actions en justice relatives à la dissolution des Beatles. En 1980, lorsque sortit le livre I, Me, Mine, Lennon fut ulcéré de ne pas y être assez cité. Il était pourtant l'une des rares personnes à l'être à plusieurs reprises. C'est dans ce climat de brouille que Lennon fut tué devant chez lui, le soir du 8 décembre 1980. Si Harrison ne craignait pas la mort en tant que telle, aidé par ses convictions spirituelles, il fut particulièrement choqué que l'on ait ainsi pu voler la mort de son ami, et empêcher celui-ci de préparer son départ. Dans les temps qui suivirent la mort de Lennon, Harrison renforça fortement sa sécurité personnelle. Début 1981, il rendit également hommage à son ami dans All Those Years Ago, sur Somewhere in England.

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Jeff Lynne

Né le 30 décembre 1947

Jeff Lynne
Jeff Lynne est le producteur de deux albums de Harrison.

C'est à vingt ans, en 1967, que Jeff Lynne a fait ses débuts musicaux avec le groupe psychédélique The Idle Race. mais c'est avec l'Electric Light Orchestra qu'il connaît son heure de gloire dans les années 1970. Fort de ce succès tant de musicien que de compositeur et de producteur, il en vient à travailler avec de nombreux poids lourds de l'industrie musicale durant les années 1980.

C'est pour cette raison qu'il est contacté par George Harrison au milieu de la décennie, ce dernier recherchant un producteur ayant également des talents de compositeur. Les deux hommes sympathisent rapidement et c'est au bout d'une année que Harrison lui propose de produire Cloud Nine, qui doit marquer son grand retour après cinq années d'absence.

Le talent de Lynne n'est probablement pas étranger au succès de ce nouvel album, plébiscité par la critique et le public. Lynne coécrit d'ailleurs trois chansons de l'album : This is Love, That's What it Takes et When We Was Fab. La même année, il produit l'album de Roy Orbison, Mystery Girl. C'est ainsi que tous trois, accompagnés de Bob Dylan et Tom Petty, se retrouvent à former les Traveling Wilburys, publiant deux albums.

Par l'intermédiaire de Harrison, Lynne est également impliqué dans le projet Anthology, qui réunit les trois Beatles encore vivants durant les années 1990 : il est en effet chargé de produire deux chansons inachevées de John Lennon, Free as a Bird et Real Love, sur lesquelles le groupe compte travailler. La collaboration aurait dû cesser ici. En janvier 2001, Harrison annonce en effet que Lynne ne produira pas son prochain album : « Je ne veux pas qu'il fasse des albums d'ELO avec mes chansons. Sur cet album, vous entendrez des guitares, de la basse, de la batterie ; pas des ordinateurs. ». Malgré cela, c'est vers Lynne que se tournera Dhani Harrison après la mort de son père pour achever l'album, intitulé Brainwashed.

Lynne est également une figure importante du Concert for George, en novembre 2002. Il poursuit depuis sa carrière musicale auprès de divers artistes.

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George Martin

Né le 3 janvier 1928

Peu de choses liaient à l'origine George Martin aux Beatles. Ce trentenaire qui ne connaissait rien au rock était en effet spécialisé dans l'enregistrement de disques de musique classique, de jazz et de comédie au sein du label Parlophone, sous-division d'EMI. C'est en dernier recours que Brian Epstein avait obtenu une audition pour ce label, et encore, les Beatles ne furent pas reçus par Martin lui-même, qui préféra déléguer et prendre sa pose déjeuner. Son assistant alla donc le chercher lui-même à la cantine des studios pour lui montrer le groupe à ses yeux plein de promesses.

C'est justement cette différence de milieu qui est à l'origine de la véritable alchimie entre Martin et le groupe. Dès le premier jour, il est séduit par l'humour des Beatles. Lorsque, après l'enregistrement d'un bout d'essai, il leur demande ce qui ne leur plait pas, Harrison répond ainsi du tac au tac : « Pour commencer, j'aime pas votre cravate. » La machine est lancée. Durant plus de six ans, le producteur apporte au groupe les moyens de concrétiser leurs idées, les transcrit à destination des orchestres, et leur apporte son savoir faire et ses connaissances.

Cependant, Martin et Harrison n'ont jamais été particulièrement proche. Le producteur s'en est par la suite mordu les doigts, en se souvenant avec quel dépit lui et le reste du groupe accueillait les séances d'enregistrement des chansons de George, longtemps perçues comme bien moins bonnes. Contrairement à McCartney, qui l'a sollicité sur plusieurs albums dont le majeur Tug of War, Harrison n'a d'ailleurs jamais refait appel au producteur des Beatles.

Après une carrière ponctuée de nombreuses récompenses, George Martin, désormais devenu Sir, est contraint dans ses vieilles années à une retraite forcée, souffrant de nombreux troubles de l'audition. Son fils Gilles est en revanche, pour sa part, très impliqué dans les travaux entourant les Beatles. C'est ainsi à lui que l'on doit l'album Love. La relève est assurée.

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Paul McCartney

Né le 18 juin 1942

Comme dans le cas de John Lennon, résumer la vie de Paul McCartney en quelques paragraphes relève de la mission impossible. Les lecteurs intéressés par l'individu trouveront de nombreux sites complets : il s'agira ici de revenir avant tout sur ses relations avec Harrison. Dans la mesure où tous deux ont grandi dans des quartiers proches, et avec moins d'un an d'écart, c'est lors des tajets en bus qui les menaient à l'école que tous deux sympathisèrent. Harrison était à l'époque passionné par les guitares tandis que McCartney avait été initié jeune à la musique. Leur amitié était suffisamment fortes pour qu'ils partent ensemble, assez jeunes, passer des vacances frugales dans le sud de l'Angleterre (et repartent sans payer !).

Si c'est grâce à McCartney que Harrison entra au sein de ce qui allait devenir les Beatles, il se trouva rapidement délaissé au profit de John Lennon. Paul et George eurent, tout au long de l'existence du groupe, une relation de frères, leur écart d'âge entraînant bien des tensions qui commençèrent à poindre lorsque Macca devient plus directif. C'est ainsi qu'un Harrison dépité dut s'abstenir d'enregistrer les parties de guitare qu'il avait prévues pour Hey Jude, après s'être fait remplacer au solo par son aîné sur l'une de ses propres compositions, Taxman. Les tensions atteignirent leur paroxysme en 1969 lorsque, outre les divergences d'opinion sur l'avenir du groupe et le manager qui devait s'occuper de lui, des crises éclatèrent lors du travail sur certains morceaux. En témoigne notamment une scène enregistrée dans le film Let It Be où un Harrison énervé déclare à McCartney : « Je jouerai ce que tu veux que je joue, ou même, je ne jouerai pas du tout si tu ne veux pas que je joue. »

Avec la séparation du groupe, McCartney, qui se retrouve isolé face aux trois autres dans les procédures judiciaires, devient l'unique cible de Harrison qui partageait jusque là ses aigreurs entre lui et Lennon. On ne s'étonnera donc pas de le voir jouer de la guitare sur How Do You Sleep, violente et acerbe pique composée par ce dernier à l'égard de leur ancien partenaire. Il faudra de nombreuses années avant que les deux anciens amis ne retrouvent des relations cordiales, à défaut d'être franchement amicales. Ce sera par exemple le cas en 1981 lorsque McCartney participe à l'hommage de Harrison à leur ami disparu, All Those Years Ago. D'autres retrouvailles, en compagnie de Ringo cette fois-ci, auront lieu au milieu des années 1990 et verront la naissance de deux chansons ébauchées par Lennon, Free as a Bird et Real Love. Une dernière composition intitulée All for Love fut également travaillée, et vraisemblablement abandonnée car les tensions renaissaient.

En dépit de ces relations tendues, McCartney continua à régulièrement voir Harrison et fut l'une des dernières personnes à lui rendre visite durant la phase finale de son cancer au court d'un moment qui fut selon les témoins particulièrement poignante. Présent lors du Concert for George, il interpréta notamment Something à l'ukulélé, et reprend encore régulièrement cette chanson sous cette forme lors de ses concerts, en hommage à son ami.

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Billy Preston

2 septembre 1946 - 6 juin 2006

Billy Preston peut se targuer d'avoir été le seul artiste mis sur un pied d'égalité avec les Beatles sur l'un de leurs disques, et il doit cela à George Harrison qui décide de faire appel à lui en janvier 1969 pour détendre l'atmosphère des lourdes séances du projet Get Back. Preston connaît les Beatles depuis longtemps : déjà en 1962 (il n'avait que quinze ans), ce prodige du clavier jouait à Hambourg dans les mêmes clubs qu'eux, et pour l'une de leurs idoles, Little Richard. Lorsqu'ils se recroisèrent dans les années qui suivirent, Preston, qui n'avait toujours pas vingt ans, accompagnait désormais ni plus ni moins que Ray Charles et Sam Cooke !

Billy Preston, George Harrison, Gerald Ford et Ravi Shankar en 1974
Billy Preston (à gauche), a accompagné George Harrison durant sa tournée américaine en 1974. Tous deux posent ici avec le président Gerald Ford et, tout à droite, Ravi Shankar, également participant de la tournée.

En 1969, c'est donc dans le cadre de l'enregistrement de ce qui deviendra Let It Be que Preston expose son talent au clavier et à l'orgue, notamment sur Get Back mais aussi avec un très beau solo d'orgue sur The Long and Winding Road... que Phil Spector recouvrira de chœurs et de violons. Plus que tout cela, sa jeunesse et sa bonhommie ont un impact radical sur l'ambiance des séances, et notamment sur l'humeur de Harrison. Preston et lui deviennent inséparables dans les temps qui suivent. George produit, pour Apple, ses deux premiers albums, That's the Way God Planned It et Encouraging Words (ce dernier contenant les reprises de deux chansons de Harrison publiées à peu près en même temps par leur auteur, My Sweet Lord et All Things Must Pass). Preston, pour sa part, participe au premier album de George, et interprète sur scène l'un de ses hits durant le Concert for Bangladesh, livrant une performance endiablée et habitée.

En 1974, Preston a également fait partie des amis proches qui ont accompagné Harrison en tournée aux États-Unis. Durant les temps qui ont suivi, les deux amis n'ont cessé de participer ponctuellement à leurs albums respectifs, Preston jouant notamment du clavier sur Thirty Three & 1/3. À la même époque, sa carrière est pour le moins prospère puisqu'il enregistre aux côtés des Rolling Stones, mais aussi de John Lennon, d'Eric Clapton et de Ringo Starr. En 1998, il participe également au supergroupe apparaissant à la fin du film Blues Brothers 2000 aux côtés de nombreuses autres pointures du rock et du blues, parmi lesquelles B.B. King, Bo Didley, Eric Clapton et bien d'autres.

Preston est également de ceux qui forment l'ossature et l'âme du groupe qui anime en 2002 le Concert for George : s'il est désormais très loin du jeune maigrichon de l'époque de Let It Be, sa voix garde toute sa puissance émotionnelle lorsqu'il entonne notamment My Sweet Lord, et surtout un Isn't It a Pity totalement habité et émouvant. De son ami, il se plaisait à déclarer : « George est merveilleux. George est très spirituel. C'est une personne très aimante et humble. C'est un très bon ami et un frère pour moi. ». À l'époque de ce concert hommage, Preston est souffre cependant d'hypertension et a dû se faire greffer un rein. Ses problèmes ne s'arrangent pas et il tombe dans le coma en novembre 2005. Il meurt sept mois plus tard, à 59 ans, sans avoir repris conscience. L'une des grandes âmes du rock s'est alors éteinte.

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Phil Spector

Né le 25 décembre 1939

Étonnante personnalité que Phil Spector ! Aussi lunatique et déjanté que musicalement génial, il a marqué en bien comme en mal l'histoire de la musique des années 1960 à nos jours. C'est à 19 ans à peine qu'il connaît le succès avec sa chanson To Know Him Is to Love Him (chanson que les Beatles adapteront à la BBC sous le titre To Know Her Is to Love Her. Passé très jeune de l'autre côté des tables de mixage, il devient producteur de plusieurs girls groups à succès, en particulier les Ronettes, dont il épouse la chanteuse principale, Ronnie. Au cours de ces années qui le voient produire de nombreux succès, il développe la technique du « Wall of sound » (« Mur de son ») qui crée un son très particulier, avec de nombreux violons, cuivres et percussions.

Phil Spector en 1970
Phil Spector a produit All Things Must Pass en 1970.

C'est alors qu'il est au sommet de sa gloire, à à peine 25 ans, que les Beatles le rencontrent lors de leur tournée américaine de 1964. Intimidés par ce nouveau public à conquérir, ils lui demandent de les accompagner à New York : le groupe avait rencontré Spector une semaine auparavant lors d'une soirée organisée par la maison de disque Decca, et avait sympathisé avec lui. Durant ce périple américain, ils ont l'occasion de saisir l'étonnante personnalité du producteur, totalement terrifié en avion au point de harceler les hôtesses de l'air, et qui ne se rassure qu'en se disant que les Beatles sont trop chanceux pour avoir un accident, faisant de leur avion le plus sûr véhicule du monde !

Durant la fin des années 1960, Spector connaît un succès de moins en moins important, et cultive l'espoir secret de produire un jour les Beatles. Il renoue avec George Harrison durant cette période en lui demandant d'écrire et de coproduire un titre pour relancer la carrière de son épouse, Try Some, Buy Some. George s'exécute, mais le titre est un échec total (Harrison le réenregistrera en 1973 sur Living in the Material World). En 1970, les Beatles désespèrent de faire quelque chose des bandes enregistrées au mois de janvier 1969, auxquelles personne ne veut s'attaquer (George Martin, le producteur historique du groupe, ayant jeté l'éponge). Après avoir été mis à l'épreuve par John Lennon sur son single Instant Karma!, il est chargé de produire Let It Be.

Le résultat n'est clairement pas du goût de tout le monde, et la surproduction de certains morceaux ulcère notamment Paul McCartney. Harrison et Lennon sont en revanche suffisamment satisfaits pour demander à Spector de produire leurs premiers albums solo. C'est ainsi qu'il se retrouve producteur d'All Things Must Pass, laissant sur le disque l'empreinte très frappante du mur de son. Il est indéniable que certaines chansons comme My Sweet Lord et What Is Life en sont, à l'époque, sorties grandies. Cependant, rétrospectivement, des années plus tard, Harrison n'a pu s'empêcher de trouver l'album surproduit, et d'espérer une version plus dépouillée qu'il n'eut jamais le temps de faire.

La collaboration entre Harrison et Spector se poursuit en 1971, ce dernier étant chargé de produire le Concert for Bangladesh et l'album qui en est tiré. Deux ans plus tard, Spector est également engagé pour travailler sur Living in the Material World, mais ses méthodes de travail totalement anarchiques et ses absences répétées poussent George à se passer de son aide, qui était avec le temps devenue une charge. Lennon connaît d'ailleurs de semblables problèmes avec le producteur la même année. Spector et Harrison ne collaborent plus par la suite. La carrière du producteur connaît encore quelques productions brillantes mais émaillées de tensions, notamment avec les Ramones. Elle connaît une fin tragique lorsque Spector assassine en 2003 l'actrice Lana Clarkson en lui tirant une balle dans la bouche. La folie, cette fois meutrière, de Spector lui coûte en 2009 dix-neuf ans de prison incompressibles.

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Ringo Starr (Richard Starkey, de son vrai nom)

Né le 7 juillet 1940

Si les rapports de George Harrison avec les deux autres Beatles furent souvent houleux, ils furent presque toujours au beau fixe avec le batteur du groupe. C'est d'ailleurs principalement à la demande de George que Ringo rejoint le groupe en remplacement de Pete Best, durant l'été 1962. Contrairement à ce dernier, sa personnalité s'adaptait bien avec celle des trois autres garçons, tout comme son style musical. Qui plus est, Ringo et George se retrouvent rapidement à marquer un contraste vis-à-vis du tandem de compositeurs Lennon/McCartney : relégués au chant sur quelques chansons dans les albums et plus encore sur scène, ils ne s'essaient que peu à la composition.

Ringo Starr
Des quatre Beatles, Ringo est celui qui a conservé les meilleures relations avec George.

Tous deux partagent d'ailleurs le même désamour de ce qui est considéré comme le plus grand disque du groupe, Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band. Leurs talents de guitariste et de batteur ont en effet été peu utilisés durant les longues périodes où Lennon et McCartney préparaient les orchestrations et effets devant orner leurs compositions. De même, dans le climat tendu des sessions de l'« album blanc », c'est Ringo qui claque la porte le premier et quitte temporairement le groupe en 1968, avant que Harrison ne fasse de même en janvier 1969 durant les séances de Let It Be.

Après la séparation du groupe, Ringo est le seul à garder de bons rapports avec ses trois partenaires. C'est donc sans surprise qu'il participe à l'enregistrement d'All Things Must Pass, tandis que George produit l'un de ses tubes, It Don't Come Easy, et en coécrit un autre, Photograph. Déjà, durant les derniers temps des Beatles, c'est Harrison qui a aidé Ringo à ébaucher l'une de ses perles, Octopus's Garden. Enfin, en 1973, c'est sur l'album Ringo que George participe en fournissant compositions et prestations instrumentales. Il réitèrera par la suite sur plusieurs albums du batteur, notamment Ringo's Rotogravure (1976) et Stop and Smell the Roses (1981). Quant à Ringo, il sera, tout comme McCartney, présent pour rendre hommage à Lennon sur la chanson de Harrison All Those Years Ago.

Même les histoires de couples ne purent durablement altérer leur amitié. Alors que Harrison traverse une dure crise au milieu des années 1970, tandis que son épouse Pattie le quitte pour Eric Clapton, il annonce un jour en plein milieu d'un dîner entre amis qu'il a couché avec Maureen, épouse de Ringo, ce qui ne peut que jeter un froid sur l'assemblée. Le couple Starkey étant lui-même sur le point de divorcer, l'affaire ne crée cependant pas de remous durables.

Starr fut également le seul des Beatles à monter plusieurs fois sur scène aux côtés de Harrison durant sa carrière solo, tout d'abord durant le Concert for Bangladesh (interprétant It Don't Come Easy, il se permit même d'en oublier les paroles !), mais aussi lors de son dernier concert, à Londres, en 1992. Enfin, Starr tient une place de choix lors du Concert for George en 2002, et écrit sur son album Ringo Rama (2003) une chanson qu'il interprète en hommage à son ami, aux côtés d'Eric Clapton : Never Without You.

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Klaus Voormann

Né le 29 avril 1938

Klaus Voormann est, comme le déclara George lors du Concert for Bangladesh, quelqu'un dont beaucoup de gens ont entendu parler, mais que peu ont vu. C'est aussi l'un de ceux qui ont suivi les Beatles depuis leurs tous débuts, à Hambourg. C'est en effet un soir de 1960 que ce jeune étudiant en art féru de jazz découvre le rock en entrant par hasard au Kaiserkeller Club, où le groupe fait ses premiers pas sur scène. Scié par leur performance, il entraîne avec lui sa petite amie Astrid Kircherr afin de lui faire part de sa découverte. S'il y perdra Astrid, qui lui préfère l'éphémère bassiste du groupe Stuart Sutcliffe, il y gagne surtout de nouveaux amis.

Klaus Voormann, Jesse Ed Davis et George Harrison au concert for Bangladesh
Klaus Voormann, à gauche, joue de la basse durant le Concert for Bangladesh aux côtés de George Harrison et du guitariste Jesse Ed Davis.

Quelques temps plus tard, lorsque Voormann part vivre à Londres, c'est avec George et Ringo qu'il s'installe temporairement en attendant de trouver un foyer. Durant les années qui suivent, il reste proche du groupe, et réalise notamment la psychédélique pochette de Revolver. Il devient également bassiste et c'est vers lui que Lennon, Harrison et Starr se tournent au début des années 1970 lorsqu'ils recherchent une alternative à Paul McCartney. Voormann se retrouve ainsi à accompagner le Plastic Ono Band, à jouer sur les plus grands albums de Lennon et de Ringo, et est également embauché à plusieurs reprises par George.

Il est ainsi le principal bassiste sur les albums All Things Must Pass et Living in the Material World, ainsi que durant le Concert for Bangladesh. Il s'éloigne par la suite physiquement, puisqu'il s'installe à Los Angeles, après avoir participé à l'enregistrement de versions préparatoires de la chanson Dark Horse et de la prise définitive de Ding Dong, Ding Dong. 1975 voit leur dernière collaboration lorsque Harrison enregistre à Los Angeles Extra Texture. Voormann joue en effet de la basse sur quelques chansons, avant de jeter l'éponge, déprimé par l'abondance de drogue caractéristique des sessions locales, et de l'état d'esprit de son ami, lui-même dépité des mauvaises critiques reçues par son album précédent.

De retour en Allemagne en 1979, Voormann ne travaille plus avec Harrison et prend sa retraite à la fin des années 1980. Il reste cependant très proche des Beatles et participe à ce titre au projet Anthology au milieu des années 1990. En 2002, il est donc en toute logique présent pour rendre hommage à son ami disparu, et joue de la basse durant la totalité du Concert for George.

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Alan White

Né le 14 juin 1949

Alan White n'a fait qu'une rapide apparition dans la carrière de George Harrison. Né en 1949, ce jeune batteur n'en était qu'à ses débuts de carrière, à la fin des années 1960, lorsque John Lennon l'appelle pour faire partie du groupe qui l'accompagnera à Toronto (le concert qui s'en suit sera immortalisé sur l'album Live Peace in Toronto 1969). C'est dans la foulée de cette collaboration que Lennon présente White à Harrison, qui l'embauche aussitôt pour jouer de la batterie sur son nouvel album, All Things Must Pass. Le détail du travail de White sur l'album est peu connu, puisque pas moins de trois autres batteurs (Ringo Starr, Jim Gordon et Ginger Baker) sont présents sur l'album, sans que la répartition de leurs tâches ne soit connue.

Si White a par la suite travaillé à nouveau avec Lennon sur son légendaire album Imagine, il n'a plus collaboré avec Harrison. En 1972, parti aux États-Unis, il rejoint le groupe Yes et joue de la batterie sur nombre de leurs grands succès. Il lui arrive encore de jouer lors des reformations du groupe.

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