The Answer's at the End

Extra Texture (Read All About It), 1975
 

« Scan not a friend with a microscope glass. You know his faults, now let the foibles pass. » (« N'étudie pas un ami au microscope. Tu connais ses erreurs, alors laisse passer ses défauts. »). C'est par ces mots que débute The Answer's at the End, l'un des plus beaux morceaux d'Extra Texture. Ils ne sont, pour une fois, pas de George Harrison. Depuis son emménagement à Friar Park, en 1970, il trouve parfois un partenaire d'écriture improbable en la personne de Sir Frank (Frankie) Crisp, ancien propriétaire du manoir mort en 1919. Cet excentrique savant et avocat était déjà à l'origine de la très belle Ballad of Sir Frankie Crisp sur All Things Must Pass. C'est ici l'une des nombreuses inscriptions qu'il a disséminées dans son domaine qui est à l'origine de cette nouvelle composition.

Frank Crisp, ancien propriétaire de Friar Park
The Answer's at the End est inspirée de mots de l'excentrique Frank Crisp.

Ils ont d'ailleurs aidé plusieurs fois George lors d'interviews du début des années 1970, lorsqu'un journaliste un peu trop insistant l'interrogeait sur sa querelle avec Paul McCartney. Il est d'ailleurs intéressant que la chanson ait été enregistrée peu de temps après la réconciliation publique des deux ex-Beatles, lorsque Harrison a répondu présent à une invitation de son ami lors d'une soirée de gala donnée à bord du Queen Mary. La chanson est en effet tout d'abord une invitation à supporter les différents défauts de nos proches, et à ne pas oublier l'importance de ces personnes, un thème déjà évoqué dans Isn't It a Pity, cinq ans plus tôt. Il s'inspire également dans son thème et dans ses paroles du standard des années 1940 You Always Hurt the Ones You Love, d'ailleurs repris cinq ans plus tôt par Ringo sur Sentimental Journey. Mais The Answer's at the End marque également un changement dans la pensée de Harrison. En reconnaissant que la vie est une longue énigme dont la réponse viendra à la fin, il se montre moins sûr de ses croyances qu'il avait pu l'être, notamment, sur Living in the Material World et All Things Must Pass.

Musiciens :
  • George Harrison : chant, guitare acoustique, guitare slide, guitare électrique
  • Paul Stallworth : basse
  • Jim Keltner : batterie
  • Gary Wright : synthétiseur de cordes
  • David Foster : piano, arrangement de cordes
  • Norman Kinney : tambourin

The Answer's at the End est une des premières chansons enregistrées pour l'album, le 22 avril 1975. La mise en boîte se déroule dans les studios d'A&M à Los Angeles : pour une fois, George doit se contenter de ces installations moins familières que celles de Friar Park, étant retenu en Amérique pour les besoins de son nouveau label, Dark Horse Records. Il est d'ailleurs accompagné  sur l'album de trois des quatre membres de l'éphémère groupe Attitudes, tout juste produit par le label : le fidèle Jim Keltner à la batterie, David Foster au piano (et pour les arrangements de cordes) et Paul Stallworth à la basse. Ils sont rejoints par Gary Wright, un habitué des enregistrements de George, à l'orgue, et l'ingénieur du son Norman Kinney (qui avait participé à l'enregistrement du Concert for Bangladesh) joue des percussions. Les arrangements de cordes orchestrés par Foster sont ajoutés le 6 juin suivants, très inspirés de ceux d'une chanson de John Lennon, #9 Dream (qui était elle-même inspirée des arrangements de Try Some, Buy Some... de George Harrison).

L'ensemble, à l'image de tout l'album, a une tonalité qui verse fortement dans le blues et le gospel : Harrison a été en cela inspiré par la reprise par Nina Simone de sa chanson Isn't It a Pity. L'ensemble parvient ainsi à faire passer une bonne dose d'émotion, entre le très commercial You et le plus vindicatif This Guitar Can't Keep from Crying. Avec ses trois chansons, Extra Texture s'offre un démarage brillant. Souvent sous-estimée car présente sur un des albums les moins mis en valeur de Harrison, The Answer's at the End est une chanson d'une grande puissance, que les critiques ont d'ailleurs redécouverte à l'occasion des remastérisations de 2014.

Paroles :
Scan not a friend with a microscopic glass
You know his faults, now let the foibles pass
Life is one long enigma, my friend
So read on, read on, the answer's at the end

Don't be so hard on the ones that you love
It's the ones that you love we think so little of
Don't be so hard on the ones that you need
It's the ones that you need we think so little of

The speech of flowers excels the flowers of speech
But what's often in your heart, is the hardest thing to reach
And life is one long mystery, my friend
So live on, live on, the answer's at the end

Don't be so hard on the ones that you love
It's the ones that you love we think so little of
Don't be so hard on the ones that you need
It's the ones that you need we think so little of

Oh, we think so little of the ones that we love, sometimes
Isn't it a pity how we hurt
The ones that we love the most of all
The ones we shouldn't hurt at all

You know my faults, now let the foibles pass
'Cause life is one long enigma, my friend
Live on, live on, the answer's at the end
N'examine pas un ami avec un microscope,
Tu connais ses erreurs, alors laisse passer ses défauts.
La vie est une longue énigme, mon ami.
Alors lis, lis, la réponse est à la fin.

Ne sois pas si dur avec ceux que tu aimes
Ce sont ceux que tu aimes, on y pense trop peu
Ne sois pas si dur avec ceux dont tu as besoin
Ce sont ceux dont tu as besoin, on y pense trop peu.

Le discours des fleurs surpasse les discours fleuris
Mais ce qui est dans notre coeur est le plus dur à atteindre
Et la vie est un long mystère, mon ami.
Alors vis, vis, la réponse est à la fin.

Ne sois pas si dur avec ceux que tu aimes
Ce sont ceux que tu aimes, on y pense trop peu
Ne sois pas si dur avec ceux dont tu as besoin
Ce sont ceux dont tu as besoin, on y pense trop peu.

Oh, on pense trop peu aux gens qu'on aime, parfois
N'est-ce pas pitoyable comme on blesse
Ceux qu'on aime plus que tout
Ceux qu'on ne devrait pas blesser du tout.

Tu connais mes fautes, alors laisse passer mes défauts
Car la vie est une longue énigme, mon ami.
Vis, vis, la réponse est à la fin.
 



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